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Notre maison : du rêve au cauchemar

Notre maison : du rêve au cauchemar

Comme beaucoup de Français, mon mari, Chouchou de son petit nom, rêve d'avoir sa maison avec son jardin. Personnellement, j'ai toujours vécu en appartement et avoir un jardin ne m'a jamais manqué.

Mais quand nous avons décidé de quitter Paris pour Bordeaux, c'était aussi pour pouvoir acheter une maison dans notre budget. Bah oui, 100m² à Paris et 100m² à Bordeaux, étrangement, ce n'est pas du tout le même prix…

Pendant plusieurs mois, nous inspectons le marché immobilier bordelais à distance – le temps que nous arrivions enfin sur place ! Nous sommes tout excités à l'idée d'installer notre petite famille dans une maison douillette. Ça tombe bien : les taux de crédit sont au plus bas, et le coût des biens immobiliers en baisse. Nous savons que c'est notre année et qu'il ne faut pas louper la bonne occasion.

Malheureusement, avec notre budget, nous ne pouvons pas nous offrir la maison de nos rêves dans le secteur où nous recherchons. Comme nous ne voulons absolument pas faire de compromis sur la localisation, il nous faut nous résoudre à faire des concessions sur le bien en lui-même.

Ça peut sembler psychorigide de ne pas vouloir céder sur l'emplacement, mais en venant nous installer à Bordeaux, nous ne voulions pas être obligés d'avoir deux voitures alors que nous en avions zéro à Paris, et surtout, nous ne voulions pas passer notre temps dans les bouchons de la rocade bordelaise et avoir, au final, un temps de trajet supérieur à ce que nous avions à Paris. (On avait de la chance, à Paris, nous n'avions pas des trajets très longs.)

Donc, l'emplacement reste le critère numéro 1 : il faut que ce soit proche de mon travail et de la crèche (la crèche étant à côté de mon travail). Forcément, mon lieu de travail étant situé dans un des quartiers les plus chers de Bordeaux, l'offre immobilière dans notre budget se réduit comme peau de chagrin. Nous nous rabattons sur la ville voisine, chère également – mais un peu moins.

Nous visitons une première maison, qui nous plaît pas mal, avec un joli jardin. Et même s'il y a des travaux d'aménagement à prévoir, elle rentre dans notre budget. Seulement, elle est placée au bord d'une avenue très passante. Nous qui avons toujours été habitués au calme (eh oui, même à Paris !), le bruit incessant des voitures qui passent nous refroidit.

Une autre maison est très vieillotte, sans double-vitrage et sur la même avenue : on entend encore plus les voitures. Ce n'est pas possible.

La troisième maison que nous visitons est bien située pour nous, et dans un quartier très calme. On est prêts à s'accommoder de la mitoyenneté… Cependant, l'agencement des pièces ne nous correspond pas du tout, il faudrait tout revoir : le salon est à l'étage, la cuisine au rez-de-chaussée… En plus, le jardin est vraiment minuscule, avec un superbe vis-à-vis sur la maison voisine. C'est dans notre budget, mais avec les aménagements qu'il faudrait faire, nous ne pourrions plus suivre.

Enfin, la quatrième maison visitée semble parfaite pour nous. Récemment rénovée, il n'y a aucuns travaux à faire, à part aménager le jardin en friche et clôturer. La surface nous convient, surtout la grande pièce à vivre de 50m² : notre fille va avoir de quoi faire dans le salon. Deux chambres sous les combles : personnellement, j'ai toujours beaucoup aimé le concept, même si Chouchou est un peu moins fan des chambres sous combles (forcément, il est plus grand que moi, donc il se cogne plus vite quand la hauteur sous plafond baisse…).

Peut-être sommes-nous aveuglés par l'aspect parfait des lieux, mais nous nous lançons assez rapidement après l'avoir visitée. Nous avons listé ses défauts et essayons de faire baisser le prix en conséquence, mais nous ne réussissons pas. Nous sommes alors prêts à aller jusqu'au prix demandé. Cependant, l'agent immobilier nous annonce alors que le propriétaire a accepté une autre offre au prix…

La maison de notre cœur nous a donc échappé.

Je suis quelqu'un d'assez pragmatique et serein, donc j'accuse le coup assez vite, et je passe à autre chose. Je dis à Chouchou que si ce n'est pas celle-là, ce sera une autre. Mais bien sûr, nous n'avons plus rien à visiter d'intéressant. Mon mari est très déçu d'avoir « perdu » la maison – il pense même que je suis sans cœur, car je m'en remets bien plus vite que lui. Je lui re-liste les défauts pour qu'il essaye de se faire à l'idée, mais il n'en démord pas : on est passés à côté.

Deux jours plus tard, l'agent nous rappelle pour nous annoncer que le propriétaire préfère notre dossier – plus solide financièrement – et souhaite vendre la maison plutôt à nous. Mon mari est fou de joie, et moi, j'ai un peu de mal à réaliser. Je ne trouve pas très classe de la part du propriétaire de changer d'avis après avoir accepté une offre… mais bon, passons.

L'agent nous rappelle par la suite, en nous expliquant que le propriétaire n'est pas en France actuellement et que c'est compliqué de l'avoir au téléphone. En tout cas, il semble décidé à faire monter le prix en la vendant à quelqu'un qui en aura proposé plus cher. L'agent nous rassure en nous disant qu'il n'a pas le droit de vendre plus cher que le prix convenu.

Après quelques aller-retour, nous finissons par signer le compromis de vente. Quelques réserves sont émises sur la conformité électrique, quelques anomalies à changer, et il y a également une fosse septique cachée à combler. Mais nous sommes contents, tout va bien. Mon mari a le sentiment d'avoir fait « une bonne affaire », car comparée aux autres biens dans le secteur, la maison est dans la tranche basse.

Tout va bien, jusqu'à ce que nous emménagions dans la maison et que nous découvrions au fur et à mesure que la rénovation n'a pas été faite dans les règles de l'art.

De nombreux petits défauts nous apparaissent, et nous comprenons qu'en fait, le propriétaire a acheté une épave, qu'il a simplement retapée pour la revendre. L'agent immobilier nous avait sorti un baratin comme quoi le propriétaire avait acheté cette maison pour lui et sa famille et s'était séparé de sa femme pendant la rénovation. Ça nous paraissait cohérent, donc nous n'avions pas creusé.

Mon mari a l'impression de s'être fait avoir. Pour ma part, je reste sereine, et j'essaye de le rassurer en lui disant que de toute façon, il y a toujours des choses à faire dans une maison. Mais au fil des semaines, la liste des choses qui ne vont pas s'allonge, et quand l'hiver arrive, on se rend compte que les chauffages sont sous-dimensionnés, et que l'isolation laisse à désirer. On se les caille, quoi !

Plus tard, en discutant avec un voisin, mon mari découvre que le propriétaire faisait travailler des ouvriers au noir. Le volet roulant de la baie vitrée, présenté comme neuf, tombe en rade, et on s'aperçoit qu'il n'était pas du tout neuf, mais plutôt récupéré on-ne-sait-où. On constate une fuite d'eau dans notre chambre : les tuiles ont été mal repositionnées après la pose du velux.

Et le charpentier, que mon mari a contacté car il avait des doutes sur la solidité de l'extension, lui dit que le propriétaire a refusé de le payer et qu'il a été obligé de le menacer. Il lui révèle également qu'un des murs de la maison n'est pas très solide, et qu'il a dit au propriétaire de le consolider, en vain. Impossible de savoir si ce mur est solide ou pas sans expertise, mais il n'en faut pas plus à mon mari pour commencer à psychoter, et à avoir peur de voir la maison s'effondrer.

Il se sent submergé par les problèmes, ne sait pas par où commencer… Il déprime. Le rêve s'est transformé en cauchemar pour lui, et c'est terrible de voir son mari se sentir aussi mal. Je sais que toutes ces choses sont gérables, réparables, et qu'avec le temps, la maison pourra ressembler à ce que nous souhaitions, mais Chouchou n'arrive plus à voir le positif. Il s'en veut, pense que c'est de sa faute et qu'il a été naïf. Bien que nous ayons acheté cette maison à deux, il en porte la responsabilité tout seul.

Il n'y a rien de grave là-dedans, et j'essaye d'en convaincre mon mari, mais il lui faut sans doute un peu de temps avant d'accepter la situation et d'accepter de réagir à deux sur ce qu'il faut faire à présent.

Et toi ? Ta maison semblait parfaite et s'est révélée une fausse bonne affaire ? Tu as été victime de malfaçons avec ton bien immobilier ? Comment t'en es-tu sortie ? Viens en discuter…

Source : sous-notre-toit.fr

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mardi 20 novembre 2018
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