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EXPLICATEUR - Le bitcoin pour les nuls

Crédits dessins: Getty

Est-ce une bulle ? Une révolution ? L'avenir ? Personne ne sait vraiment. Mais on va essayer de vous aider à y voir tout de même plus clair

Merci à pour cet excellent article sur le Bitcoin pour les nuls.

Effectivement tout le monde se pose des questions sur cette cryptomonnaie, mais qu'en est-il réellement ?

Comment est-il "produit" ?

Est-ce une valeur spéculative d'avenir ?

La monnaie scripturale fait-elle partie du passé ?

Je pense que nous sommes au début d'une époque où la dématérialisation des transactions permettra l'internationalité des marchés maintenant de plus en plus accessibles également aux petits porteurs... Une certaine forme d'égalité sociale dans le business ? Pourquoi pas... Cette perspective me réjouis !!

L'avenir nous dira ce qu'il adviendra... Il est toujours passionnant de vivre ces évolutions, avec toute le pragmatisme qui s'impose en toute opération financière.

par Alain Farrugia

C'est une révolution technologique, une nouvelle forme d'or, une bulle financière ou encore une escroquerie. Le bitcoin peut être tout ceci, ou rien de tout cela, tout dépend de qui le définit. Une chose est sûre, il s'agit du phénomène technico-financier de l'année. Des réponses aux questions existentielles posées par le bitcoin.

■ Bon, le bitcoin, c'est quoi exactement ?
Une monnaie virtuelle créée sur la base d'un document de travail publié en 2008 et dans l'indifférence générale par Satoshi Nakamoto, un pseudonyme derrière lequel se cachent un ou des individus jamais identifiés jusque-là. Le bitcoin repose sur un réseau décentralisé d'ordinateurs qui vérifient les transactions entre deux parties, comme le feraient une banque ou une autorité centrale. Chaque nouvelle opération s'ajoute dans un registre infalsifiable, la blockchain. Détenir du bitcoin revient à posséder une clé secrète prouvant à tout utilisateur du réseau qu'on détient ce bitcoin.
Le nombre total de bitcoins qui sera mis en circulation est limité à 21 millions d'unités, dont 17 millions ont déjà été créés. Le cours de cette cryptomonnaie non régulée a explosé de 1700% cette année, jusqu'à approcher 19 000 dollars le 7 décembre. De nombreux observateurs pensent qu'il s'agit d'une bulle. Contrairement aux monnaies traditionnelles ou à d'autres actifs financiers, il est impossible de déterminer la valeur intrinsèque du bitcoin.​

■ Mais peut-on devenir milliardaire en bitcoins ?

Absolument mais, pour le moment, mieux vaut mesurer 1,96 mètre, peser 100 kg et affirmer s'être fait voler l'idée de Facebook par Mark Zuckerberg. Ce sont les caractéristiques des premiers milliardaires officiels en bitcoins, les jumeaux Winklevoss. Après avoir reçu 65 millions de dollars pour régler leur contentieux autour de la paternité du réseau social, ils ont acheté en 2013 pour 11 millions de dollars de bitcoins, alors que la cryptomonnaie était encore peu connue et encore moins valorisée. Quelque 4 ans plus tard, le pactole de ces visionnaires se compte en milliards grâce à l'envolée du bitcoin.

Cette réussite fait rêver les acheteurs actuels de bitcoins, qui sont essentiellement mus par le syndrome FOMO – pour «Fear of missing out», une forme d'anxiété sociale qui fait que quelqu'un s'inquiète démesurément du risque de rater une opportunité. Dernier détail: les Winklevoss viennent de prédire que le cours du bitcoin allait encore être multiplié par dix ou vingt. D'autres, dont de nombreux banquiers, estiment qu'il n'a aucune valeur.

■ Qui détient des bitcoins ?

Il est estimé qu'environ 40% des bitcoins en circulation sont détenus par un millier d'utilisateurs, selon plusieurs experts interrogés par l'agence Bloomberg. On les appelle des «baleines», l'appellation utilisée dans les milieux financiers pour décrire des investisseurs dominateurs sur un marché. Il est probable que ces crypto-cétacés se connaissent et communiquent entre eux, afin d'influencer le cours du bitcoin grâce à des opérations concertées. Ce ne serait pas illégal, puisque le bitcoin n'est pas une action ou une obligation, qui sont, elles, soumises à des restrictions.

Concernant le grand public, il a été beaucoup écrit que Monsieur et Madame Tout-le-monde s'étaient mis au bitcoin lorsque son cours a dépassé 10 000 dollars, le 28 novembre dernier. On peut en douter fortement. La Suède est l'un des pays les plus familiarisés avec cette devise. Il est possible d'y investir facilement dans le bitcoin. Quelque 30 000 Suédois l'auraient adopté, c'est 50 fois plus qu'il y a un an. Mais ces précurseurs ne représentent toujours qu'environ 0,3% de la population. Un test simple: combien de personnes de votre entourage possèdent des bitcoins?

■ Certes, mais comment obtient-on des bitcoins ?

Il existe deux méthodes. La plus simple: échanger des monnaies traditionnelles contre des bitcoins (ou des fractions de bitcoin) sur une plateforme d'échange comme Bitfinex ou, en Suisse, Bity. La plus complexe: «miner» des bitcoins, c'est-à-dire en produire avec un ordinateur. Ou plutôt avec des batteries d'ordinateurs dont la puissance de calcul est mise en commun afin d'assurer les transactions et de résoudre des problèmes mathématiques extrêmement complexes. En échange de leur contribution, les «mineurs» sont payés en bitcoins.

La complexité des calculs explique qu'une transaction en bitcoins consomme autant d'énergie qu'un ménage américain pendant une semaine et que l'ensemble du réseau du bitcoin émet autant de dioxyde de carbone que l'Equateur. A terme, il est estimé que ce réseau consommera autant d'énergie que le Japon.

■ Faut-il «miner» des bitcoins avec sa Tesla ?

C'est ce qu'a tenté de faire le propriétaire d'un bolide électrique produit par l'entreprise d'Elon Musk. Avec un raisonnement simple: puisqu'il faut énormément d'énergie pour produire des bitcoins, autant la prélever là où elle est gratuite. Par exemple dans les centrales de rechargement Tesla, qui alimentent gratuitement et à vie les véhicules de la marque. On peut voir sur Internet des photos du coffre de sa voiture, rempli de batteries et de matériel informatique.

Des experts ne sont cependant pas certains que ce crypto-conducteur a véritablement miné des bitcoins dans son véhicule. Mais sa démarche n'est pas unique: la recherche d'une électricité bon marché a poussé des «mineurs» chinois à utiliser de l'énergie hydraulique, tandis qu'en Europe l'éolien est parfois préféré, encore de manière expérimentale.

■ Comment peut-on dépenser des bitcoins ?

Le plus simple est d'effectuer des achats en ligne sur des sites qui acceptent les cryptomonnaies. L'opération est plus délicate dans des commerces traditionnels, puisque la vérification d'une transaction peut prendre jusqu'à 10 minutes. Il est également possible d'investir des bitcoins dans des ICO, pour «Initial Coin Offerings».

Ces levées de fonds en cryptomonnaies permettent de financer des entreprises qui n'existent pas encore, mais qui ont un projet technologique prometteur. Quatre des dix plus grandes ICO de 2017 ont été lancées depuis la Suisse, en particulier dans le canton de Zoug, qui s'est spécialisé dans ce secteur au point d'être rebaptisé la «Crypto Valley». La plus célèbre est celle de Tezos, qui a permis de lever l'équivalent de 232 millions de dollars l'été dernier. La somme est bloquée à cause d'un conflit entre les différents dirigeants impliqués. Ce qui ne l'a pas empêchée de tripler de valeur depuis, grâce à la hausse du bitcoin et d'autres cryptomonnaies.

■ Faut-il envoyer ses bitcoins dans l'espace ?

C'est ce que propose ConnectX, une start-up qui compte héberger des bitcoins dans un réseau de petits satellites. Cet ambitieux projet mettrait à l'abri des hackers les bitcoins stockés sur des plateformes comme Coinbase ou dans des portefeuilles virtuels, dénommés «wallets». Ces derniers présentent aussi l'inconvénient de fonctionner avec des «clés» (un mot de passe à 52 chiffres) qu'on peut toujours oublier ou perdre (mais pas récupérer…). Tout comme on peut égarer le téléphone portable qui permet de se connecter à ces wallets.

Reste la troisième option de stockage des monnaies virtuelles: le «hardware wallet», une sorte de clé USB sur laquelle on charge ses bitcoins et que l'on déconnecte d'Internet. Les hackers sont impuissants, mais les risques sont cette fois de perdre ou de se faire voler cette tirelire. Tirelire qui serait à l'abri de la plupart des monte-en-l'air si on préfère prendre le risque de l'envoyer l'espace avec ConnectX.

■ Et, donc: comment arrêter cette folle envolée du bitcoin ?

En permettant de parier sur sa baisse, via une vente à découvert. La bourse de Chicago permet de le faire depuis le 10 décembre sur le bitcoin. Résultat, son cours a progressé de 26% durant la première séance, qui a été interrompue à deux reprises au cours de la matinée, afin de calmer le marché. D'autres opérateurs de marché lanceront des produits similaires dans les semaines qui viennent.

■ Et que se passera-t-il si le bitcoin est régulé ?

Une réglementation possible pourrait consister à obliger les acheteurs de bitcoins à s'enregistrer auprès d'une autorité de surveillance financière (la Finma en Suisse ou la SEC aux Etats-Unis) et à déclarer leurs transactions. Leurs éventuels gains seraient alors taxés, ce qui constitue une forte incitation pour les pays à réguler le marché. L'attractivité de la cryptomonnaie en serait également affaiblie.

■ Dernière question: faut-il parler du bitcoin lors du repas de Noël ?

Le sujet a de fortes chances de figurer au menu des traditionnelles logomachies familiales. Surtout si l'un des convives a investi, gagné de l'argent et décide de le faire savoir. Aux autres qui souhaiteraient quand même briller autour de la dinde de Noël, Le Temps lance un défi: dire autre chose que «La blockchain est une technologie fascinante, qui ouvre des possibilités sans limites, mais concernant le bitcoin je suis plus réservé.» C'est la phrase la plus entendue de 2017 – après celle-ci: «Le bitcoin a encore progressé!»

Source : Le Temps
Crédits dessins: Getty
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mardi 20 novembre 2018
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