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Blockchain: les start-up s’enchaînent

Blockchain: les start-up s’enchaînen

La Suisse romande et surtout Genève ont vu éclore en deux ans une douzaine de jeunes pousses technologiques. La multiplication des ICO (Initial Coin Offering) augure un vrai boom.

Vincent Trouche: Sa start-up genevoise Token Estate vise une ICO en juin prochain. (Crédits: Dom Smaz)
Samuel Johnson: sa société Smartlink est en train de migrer sur la blockchain son système de paiement par cartes. (Crédits: Dom Smaz)

Nul doute que l'avenir est au virtuel et à la monnaie dématérialisée ! Des échanges plus sécurisé, avec des accès à des marché internationaux auxquels seuls les entités spécialisées avaient accès !

Un risque plus grand de se tromper pour l'investisseur non-averti ? Peut-être, mais comme ce risque existe déjà actuellement.... Pas vraiment trop de craintes supplémentaires, surtout avec la sécurité transactionnelle offerte par la Blockchain !

Saluons tout particulièrement le dynamisme de ces société Genevoises qui ont compris que l'économie ne se fait pas en regardant derrière soit ni en restant assis sur les acquis de leurs aînés !!!

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par Alain Farrugia
Avec son air à la fois sérieux et ouvert, ses cheveux noirs et ses grandes lunettes, il peut faire penser à Harry Potter, le personnage fictif de la romancière britannique Joanne Rowling. Mais c'est une tout autre magie que Vincent Trouche est en train de créer. «Au moyen de la technologie blockchain, je veux permettre au chauffeur de taxi du Caire d'investir dans des fonds immobiliers parisiens au moyen de son smartphone sans montant minimum d'investissement», avance cet ingénieur français établi à Genève depuis plusieurs années.

Il a donc créé une start-up début 2017, Token Estate. Basée dans les locaux de la Fongit à Plan-les-Ouates, en banlieue genevoise, elle occupe déjà une dizaine de personnes et vise une ICO (Initial Coin Offering) en juin déjà.

Token Estate est l'une de ces jeunes pousses basées sur la blockchain en train de fleurir sur l'arc lémanique. «On en compte actuellement une douzaine. Elles constituent le socle de référence. Mais ce nombre va vite progresser», avance Vincent Pignon, directeur et fondateur de WeCan.Fund à Genève et membre de la nouvellement créée Swiss Blockchain Association.

Un avis que confirme Jean-Etienne Durand, responsable du Blockchain Lab auprès de l'incubateur Fintech Fusion à Genève: «Entre les start-up qui se fondent sur une application basée sur la blockchain et celles qui emploient cette technologie, elles sont sans doute plusieurs dizaines.» C'est à Genève que se concentre cet essor grâce à l'activisme du conseiller d'Etat Pierre Maudet et de Nicholas Niggli, nouveau directeur de l'innovation et à l'ouverture de Fintech Fusion. Vaud, qui s'interroge sur la stratégie à adopter, semble en retard en la matière.

L'âge ne compte pas

Certaines de ces jeunes pousses sont déjà connues et bien installées. SwissBorg, dont les 12 employés occupent un minuscule bureau au sein de l'espace de coworking Gotham à proximité de la gare de Lausanne, a donné l'exemple en levant 50 millions de francs en quelques jours via son ICO lancée juste avant les Fêtes... Ce qui vaut aujourd'hui à son fondateur et directeur Cyrus Fazel de se réveiller à 4 h 40 du matin pour intervenir en direct sur une TV financière de Singapour. «Et pourtant, aucune banque suisse ne veut travailler avec nous. Sans doute par prudence», relève-t-il. Il développe une solution permettant aux épargnants de placer leurs avoirs directement sur une blockchain sans passer par un établissement bancaire.

Installée depuis peu dans les locaux de Saxo Bank, entre la place de la Fusterie et la rue du Rhône au cœur de Genève, Smex (Smart Execution) passe aussi pour une institution établie en dépit de ses trente petits mois d'existence. Spécialisée dans les moyens de paiement sur la blockchain, forte de 6 personnes, la jeune pousse a l'intention de faire sa propre ICO dans le courant de cette année. «Mais
ce n'est pas simple à mettre en place», reconnaît son fondateur Arnaud Salomon, ancien trader.

D'autres sont beaucoup moins jeunes, à l'instar de Smartlink, installée à Genève depuis quatre ans, qui est en train de migrer sur la blockchain son système de paiement par cartes. Son but: «Atteindre les personnes qui détiennent des fonds mais restent non bancarisées, en particulier dans les pays émergents», ainsi que l'expose son directeur technique Samuel Johnson. Magnifiquement installée sur le rond-point de Rive au centre de Genève, la société y emploie 11 personnes dévolues au développement de l'entreprise tandis que les solutions technologiques sont confiées à une équipe de 51 personnes à Da Nang au Vietnam. L'entreprise envisage sa ICO cette année.

D'autres viennent en Suisse spécifiquement pour accéder au marché. C'est le cas, par exemple, de Thrive Lab, qui a inscrit la date de son ICO sur le site référentiel tokenmarket.net le 15 mars prochain. Fondée par des Italiens mais basée à Malte, cette société, qui veut transférer sur la blockchain les achats et ventes d'espaces publicitaires sur le web, a ouvert il y a un an un bureau à Vernier confié à Giuseppe Scardino, ancien d'Accenture, Bacardi et MSC Crociere.

«Notre intention est de déménager l'entier de notre activité à Genève. L'environnement y est beaucoup plus stimulant!» Les 25 employés maltais devraient donc rejoindre leurs 3 collègues genevois dans un avenir encore non défini.

La perspective d'une ICO justifie aussi la présence de Robert Zaremba en région lémanique. «La Suisse romande reste très en retard par rapport à Zurich en matière de développement des affaires. Mais elle est idéale pour une entrée en bourse. Si l'on nomme la région de Zoug la Crypto-Valley, Genève devrait mériter le surnom de Crypto-Wall Street», prétend le jeune ingénieur polonais.

Installé à Versoix (GE), il représente en Suisse Sweetbridge, qui se présente comme une alliance de spécialistes de la blockchain désireux d'accélérer les systèmes de paiement et de les rendre accessibles à tout un chacun à moindre coût. Cette alliance vise aussi à réaliser une levée de fonds via une ICO, mais d'une façon un peu différente: en levant progressivement des fonds depuis le Liechtenstein. «Nous souhaiterions agir depuis la Suisse, mais les procédures sont très complexes», avoue-t-il.

Complexes? La Suisse est très majoritairement saluée pour son ouverture envers les ICO, notamment depuis qu'elle en a précisé le cadre le 29 septembre dernier. Au point qu'elle occupe le 2e rang mondial, juste derrière les Etats-Unis, avec 550 millions de dollars émis durant les seuls neuf premiers mois de 2017.

Et les demandes de cotation se bousculent, au point que le régulateur, «sous-équipé en personnel, n'arrive pas à suivre la demande», comme le souligne Vincent Pignon. C'est bien une nouvelle vallée de l'innovation qui se crée, en direct sous nos yeux.

Par Yves Genier
Source : Bilan

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mardi 13 novembre 2018
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